Hagakure / Yamamoto Tsunetomo

La voie du Samurai, un concentré de sagesse et d’enseignement stratégique.

Il s’agit de la première recommandation d’une longue liste d’ouvrages techniques ou littéraires. Nous allons présenter pas à pas nos lectures les plus enrichissantes par leur contenu en matière d’information ou leur orientation générale. Certains manuels sont des outils efficaces pour aborder un domaine de compétence et d’autres permettent d’élargir notre champs de vision, afin de nous améliorer ou simplement de comprendre ce qui nous oppose à certaines doctrines. Nous ne recommanderons pas uniquement les auteurs dont nous partageons les opinions ou les valeurs, mais tous ceux dont la vision peut enrichir notre potentiel de compréhension historique ou contemporain, scientifique ou spirituel.

Yamamoto Tsunetomo (1659 – 1719)

L’auteur en quelques mots, il s’agit d’un stratège militaire, samurai de l’armée d’Hizen. Au décès de son maitre, il voulu le suivre dans la mort en se faisant seppuku à son tour mais cela lui sera interdit par la loi. Il demandera alors une autorisation officielle pour se retirer de l’armée et vivre en ermite pour la fin de ses jours, il ne sera donc pas ce que l’on nomme un Ronin. Il est dit qu’un scribe qu’il avait pour ami, se serait mis à retranscrire à son insu anecdotes et réflexions sur divers sujets lors de leurs conversations.

Bien loin de faire l’unanimité, Hagakure de Yamamoto Tsunetomo laisse entrevoir un sentiment on ne peut plus éphémère de la vie et la condition humaine. Sa vision souvent jugée morbide par une apparente obsession pour la mort traduit pourtant un profond amour pour la vie.

Un samurai, gradé qui plus est, ne vit que pour l’honneur et par l’épée. S’il met constamment sa vie en jeu et encourage ses troupes à faire de même sans hésitation, c’est la plus profonde des marques de détermination et de loyauté envers son seigneur et sa cause.

Il faut, je pense, être sourd au sens profond de ses écrits pour penser que Yamamoto Jocho n’accorde pas de valeur à la vie, si elle ne valait rien, il ne l’offrirait pas à sa hiérarchie.

Au delà des simples anecdotes guerrières et récits parallèles à la vie d’un guerrier du 17e siècle, on retrouve dans Hagakure une philosophie sociale très singulière. Je ne sais pas si c’est un don dû à son parcours “militaire” ou une conséquence de la traduction (je ne suis pas en mesure de le lire en japonais.) cependant, il est capable d’exprimer de manière très concise et en toute simplicité, ce que nous peinons à comprendre et appliquer depuis toujours.

Son recul sur les rapports sociaux et sur la vie de manière générale est tout simplement la clé de sa sagesse. Critiqués souvent, les écrits de ses pensées et réflexions ont inspiré un nombre incalculable de samurais et soldats durant les générations qui ont suivi.

Pourquoi lire Hagakure ? (Cela n’engage que moi évidemment, c’est la partie plus “subjective”.)

1. Parce que c’est bien plus enrichissant qu’une bouse de Marc Levy.

2. Parce que cela nous enseigne à nous placer hors du temps, hors des contraintes imaginaires de nos modes de vie contemporains. Nous ne sommes pas des samurais, mais lorsque l’on ne se contente plus d’être de bons esclaves consommateurs silencieux, nous avons besoin de poursuivre un but, un objectif. C’est là que la vision de J. Yamamoto peut être un exemple ou un contre exemple selon le point de vue.

J’admire par exemple sa rigueur et sa détermination. J’aime par dessus tout sa vision claire et très pertinente des rapports sociaux, mais ne peut accepter cette dévotion totale au Daimyo et envers le Shogun. Cela reviendrait de nos jours à être un bon citoyen docile et servile même lorsque nos dirigeants nous mènent au carnage. Vous découvrirez également au fil des anecdotes les penchants beaucoup plus sombres et discutables de l’auteur, même en essayant de ne pas le juger n’ayant pas connu son environnement et suivi la même éducation, on peut regretter certains aspects qui ternissent quelque peu le côté légendaire.

A savoir qu’il se dit aussi (impossible de savoir si cela est véridique ou non), qu’il n’aurait pas tant foulé les champs de bataille que ce que l’on pourrait penser au premier abord. Il a effectivement vécu sous le règne du clan Tokugawa, lors d’une période globalement moins guerrière que les siècles précédents.

Jocho Yamamoto nous enseigne que même face à la mort, nous devons nous imposer une rigueur et une morale infaillible. C’est en cela que même aujourd’hui ses réflexions sont toujours pertinentes.
A lecture d’Hagakure, tout semble plus simple qu’il n’y parait et il est possible de voir son quotidien sous un œil nouveau si l’on fait abstraction des détails qui nous enlisent dans une complexité qui n’est qu’apparente.

Bien que je ne puisse adhérer à tout ce qui est dit dans Hagakure, je ressens personnellement une forte récurrence de certains grand principes pendant ma lecture. Bien que ce ne soit pas la thèse retenue par la plupart des lecteurs, il me semble qu’il insiste énormément sur le fait que l’on est bercés d’illusions tout au long de notre vie. Que c’est en s’affranchissant de ces limites et croyances que l’on peut exceller dans un domaine et prétendre à une existence sereine (sans craintes ni obstacles insurmontables).

Cela fait maintenant quelques années que j’ai lu cet ouvrage et en conserve un excellent souvenir, je le lirai de nouveau et corrigerai ou complèterai mon ressenti par rapport à celui-ci à l’aide de souvenirs plus frais! Quoi qu’il en soit, je le recommande vivement et tenais à démarrer cette série de conseils de lecture par Hagakure pour le symbole fort qu’il représente.

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